Appréciez et Analysez une œuvre – 3ième et dernière partie – l’interprétation

Appréciez et Analysez une œuvre – 3ième et dernière partie – l’interprétation

Apprenez à Analyser et ensuite à apprécier (ou inversement) une œuvre d’art – Troisième partie

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Introduction

Cet article fait donc suite aux deux précédents sur l’analyse d’une œuvre d’art. Dans le premier article, nous avions vu qu’il était nécessaire de faire une description “naïve” en décrivant la photographie. Comme on pourrait le faire à une personne qui ne verrait pas l’œuvre. Toujours en gardant à l’esprit d’être le plus fidèle possible afin de lui permettre de se faire une image mentale de celle-ci. D’ailleurs si la présentation est bien faite et si l’auditoire est susceptible de connaitre l’œuvre il devrait être capable de la nommer.

Ensuite dans la seconde partie, je vous indiquais qu’il était important de regarder un peu plus en détail la structuration de l’œuvre. Trouver les lignes qui conduisent le regard. Il faut aussi évaluer la travail de la lumière, ainsi que les contrastes entre les masses. Cette analyse structurelle permet de comprendre la façon dont l’auteur a réalisé l’œuvre. Cela permet ensuite, et c’est ce que l’on va voir dans cette troisième partie, de l’interpréter.

L’interprétation

Dans cette troisième et dernière partie, nous allons reprendre les éléments importants de l’œuvre et les replacer dans un contexte (historique, religieux, mythologique). Parfois cela va aussi se rapporter à un courant de pensée, ou un courant artistique. L’œuvre peut alors répondre complètement ou partiellement aux critères de courant. Il faut donc le stipuler, et indiquer en quoi les différences peuvent être importantes. Il est souvent nécessaire notamment pour les thèmes religieux ou mythologiques, d’avoir une solide culture pour comprendre ou reconnaitre les personnages ou éléments présents sur les œuvres. (Je vous recommande pour vous informer, par exemple, la chaine C’est une autre histoire sur la mythologie)

Dans cette partie interprétation, l’intention sera plus personnelle, car elle fait appel au ressenti de la personne qui analyse l’œuvre et de sa façon de la percevoir. Il n’y a donc jamais une seule façon de percevoir une œuvre, et chacun peut avoir un point de vue sur celle-ci. Attention, votre avis ne doit pas être dogmatique, c’est “juste” le votre, et l’on doit concevoir que d’autres interprétations soient possibles, voir même complètement à l’opposée de ce que l’œuvre vous donne à exprimer.

C’est dans cette partie que vous aller pouvoir évoquer les travaux de l’artiste. Vous pourrez montrer en quoi cette œuvre se raccroche à ses précédents travaux (ou inversement, cela peut être une œuvre de rupture qui va démarrer un nouveau cycle). L’œuvre peut aussi être une réponse artistique à un événement, à un autre artiste ou d’autres artistes (une sorte de dialogue artistique).

Vous clôturez cette partie par l’interprétation qui nait en vous suite à l’étude de l’œuvre. L’histoire que l’œuvre vous a fait imaginer, l’avant de l’instant, et l’après de celui-ci (lorsqu’on est en face d’œuvre figée – dessin, peinture, sculpture, photographie). J’insiste là dessus, c’est uniquement ce que l’image représente pour VOUS, ce n’est nullement la SEULE façon de l’interpréter. Il n’y a donc pas de bonnes ou de mauvaises interprétations.

Vous pouvez, pour conclure, présenter l’œuvre par rapport au moment où vous l’analysez. Est elle encore d’actualité ? Voit on un fantasme passé, une peur vécue ou à venir ? Tout les éléments qui peuvent se rapporter à celle-ci sont intéressants à mentionner s’ils ont un rapport “évident” (une fois qu’il est décrypté bien souvent).


Exemple d’interprétation : Photographie de Dorothéa Lange de ses travaux sur les migrants

Analyse de la photographie dans son contexte – l’interprétation

Dans cette photographie de Dorothéa Lange, sur sa série sur les migrants aux États Unis d’Amérique dans les années 30, l’auteur nous montre la pauvreté extrême d’hommes, de femmes et d’enfants. Ces migrants n’ont plus grand chose à part l’espoir de retrouver une vie meilleure au bout du long chemin qu’ils ont entrepris. Leur déplacement au sein des Etats Unis est du à la sécheresse et à la redistribution des terres agricole suite au New Deal de Roosvelt. On voit immédiatement en regardant le cliché, que la femme est en souffrance (par ces vêtements maculés, par les traits durs de son visage, par l’extrême précarité de sa condition). Pourtant L’auteur ici capte un moment intime pendant lequel cette jeune femme allaite son enfant. L’image qui ressort ici, est celle de cette femme se donnant à son enfant. Elle donne le peu qu’elle possède, une partie d’elle-même, son lait qui permettra à son enfant de vivre des jours meilleurs.

De part la construction de la photographie, Dorothea Lange, met bien en avant les deux univers, le coté gauche étant le coté de la grande pauvreté, alors que le coté droit où l’on voit uniquement un paysage lointain (aucun être humain) semble symboliser le rêve américain, l’eldorado à atteindre. Ici la frontière est symbolisée par la branche en bois qui maintient la toit de la tête et qui fait office de barrière.

nous imaginons aisément une histoire difficile, avec le besoin de survie qui a poussé cette femme pourtant accompagné d’un enfant en bas age, à partir, vers un monde l’espère-t-elle meilleur. A-t-elle encore une famille ? Son enfant est il le seul survivant de celle-ci ? Arrivera-t-elle à sortir de la triste condition dans laquelle elle se trouve ? Ce sont toutes ces questions qui naissent de cette photographie. Dorothea Lange qui a réalisé en tout 6 clichés de cette femme avec ces 7 enfants, témoigne d’une réalité économique très difficile dans les années 30 aux Etats-Unis.
On garde bien sur en tête devant ce cliché datant de presque un siècle, une réalité immédiate. Nous pensons immédiatement aux migrants fuyants, les guerres, les situations économiques difficiles, les famines, arriver quotidiennement en masse aux portes de l’Europe, aux États Unis ou encore dans chaque eldorado pour lesquels ils rêvent d’une vie meilleure.

Cette photo me touche particulièrement, comme beaucoup des photographies de Dorothea Lange. La photographie est très bien réalisée, elle permet de vraiment faire passer un message fort, de type reportage à l’époque, mais aussi historique.



A l’heure où parait cet article, une exposition de Dorothea Lange est en cours (jusqu’à fin janvier 2019) à Paris au jeu de paume dans le jardin des tuileries (pour plus d’information, suivez ce lien) que je vous invite fortement à visiter si cela vous est possible.

Dans ce cours du site d’OpenClassRoom vous pourrez compléter cet article avec l’analyse d’image (plus généraliste) dans lequel vous retrouverez une bonne partie de l’analyse d’une œuvre d’art.

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