Paul Strand (1890 – 1976)

Paul Strand (1890 – 1976)

Portrait Paul Strand par Alfred Stieglitz en 1917
Portrait Paul Strand par Alfred Stieglitz en 1917

Paul Strand fut un des premiers photographes à se détourner de l’esthétique pictorialiste pour une photographie plus directe et objective.

  « L’objectivité est la pure essence de la photographie. C’est sa plus grande contribution et en même temps sa limite »

               Paul Strand

Paul Strand, un photographe américain

Paul Strand est né aux états unis à New York en 1890. Il commence alors la photographie dès son adolescence. Ses premières photographies sont très influencées par ses deux mentors. Par son professeur Lewis Hine tout d’abord qui est connu pour sa photographie sociale et engagée. Mais aussi par son ami Alfred Stieglitz qui est aussi photographe, mais également éditeur et galeriste. Ces premiers clichés seront donc emprunts de cet héritage avec des photographies comportant des messages sociaux, mais aussi par une recherche plus graphique s’essayant à l’abstraction.

wall street new york 1915 by paul strand

Sa première exposition sera facilitée par son ami Stieglitz, en l’accueillant dans la « galerie 291 » à New York. Dans cette exposition l’on retrouve ce cliché « Porch Shadow » tiré sur du papier Satista, procédé moins onéreux par l’utilisation de l’argent à la place du platine durant la guerre dont les prix c’étaient envolés. Dans cette photographie abstraite montrant un porche et une table, qui restent méconnaissables, Paul Strand fait ressortir un très beau jeu d’ombre et de lumière, ainsi que de formes. Les formes sont difficilement identifiables, mais livrent ici une belle sensation de pureté.

Porche-Shadow-Paul-strand-1916

Une méthodologie directe

L’année suivante, c’est également lui qui lui permettra en 1917 d’être publié dans sa revue « Camera Work ». Il n’a alors pas encore 30 ans. Pourtant Paul Strand déclare que l’idéal est de travailler « sans aucun truc ni procédé, sans manipulation, grâce à l’utilisation de méthodes photographiques directes ». Les critiques sont enthousiastes, comme le montre ces mots de l’écrivain et critique d’art Charles Caffin : 

« Ainsi donc les vues sont, au sens le plus strict, les enregistrements d’une objectivité réelle ».

Le portrait d’une mendiante aveugle dans New York fait polémique à l’époque car le photographe utilisait un appareil équipé d’un viseur avec un prisme permettant d’effectuer une visée latérale, ce qui permettait de prendre des photos sans se faire remarquer. D’autant plus ici que la mendiante était aveugle. Cependant, au-delà de la polémique, ce cliché poignant permet de présenter une photographie présentant la misère sociale de l’époque.

blind_woman_new_york_1916_by_paul_strand

Pendant la première guerre mondiale, il officie comme radiographe. Cette expérience le conduit à s’intéresser à l’image animée qui lui permettront d’obtenir des revenus confortables. Il travaillera sur des documentaires sportifs et sociaux commandés par des instances gouvernementales. Malgré tout son attrait pour l’image statique reste entier et il pratique son art en pratiquant de la photographie de paysage, de végétaux et de portrait dans lequel il excelle dans l’entre deux guerres. Après la seconde guerre mondiale, il voyagera beaucoup pour rapporter des images de France et de Tchécoslovaquie (1950)

France Paul Strand

L’Italie (1952), puis L’Égypte (1959)

Egypte paul strand

Et de Roumanie (1960).

roumanie paul strand

La place de la photographie chez Paul Strand

Durant toute sa vie, il va s’interroger sur la place de la photographie par rapport aux autres arts. Très inspiré par les expositions de Picasso et de Braque en 1913, cela le mènera à la production d’une photographie abstraite très formelle et esthétique. Il apprécie « l’organisation des formes, dont chacune n’a d’importance que dans la mesure où elle est reliée à d’autres » comme il l’écrit dans ses correspondances. Ses photographies abstraites sont épurées allant vers le minimalisme. Lors de ces voyages ce sont les détails qui vont retenir son attention. Il préfère laisser les monuments et les sites spectaculaires à d’autres.

Paul-Strand Orgeval

En 1976, ses deux derniers livres seront publiés et seront une ode à son jardin d’Orgeval en région parisienne où il termine paisiblement sa vie.

Galerie de photographies issues du travail de Paul Strand

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Cet article a 1 commentaire

  1. Merci pour cette présentation intéressante qui me permet ainsi de découvrir ce photographe et de connaître son travail , son parcours

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