William Eugène Smith 1918 – 1978

William Eugène Smith 1918 – 1978

Un photographe américain

portrait william eugene smith

William Eugène Smith voit le jour aux états unis dans l’état du Kansas au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il réalise ses premières photographies, durant son adolescence, qui seront publiées dans le journal local de sa ville natale Wichita. À peine ses 18 ans révolus, c’est son père qui se suicide après sa ruine après la grande crise de 1929. C’est alors sa mère qui l’encourage à tenter sa chance en tant que photographe à New York. Après quelques cours succins de technique, c’est en autodidacte qu’il apprend la photographie. Il travaille alors pour le magazine Newsweek, puis jusqu’en 1943, il va collaborer avec l’agence de presse Black Star.

En 1941, il réalise cette photographie de l’acteur-réalisateur Orson Welles, juste au moment où il quitte son taxi pour se rendre à la première d’un des plus grands films du cinéma « Citizen Kane ».

Orson Welles-Citizen Kane, 1941 -by W. Eugene Smith

William Eugène Smith, un reporteur de guerre

En 1942, il est correspondant de guerre pour le magazine Flying. Pour life, il couvre la bataille de Saipan, mais aussi le débarquement américain sur les iles d’Iwo Jima et D’Okinawa. Étant toujours très proche des combats, il sera blessé sérieusement le 21 mai 1945. Cette blessure l’éloignera définitivement du front et lui vaudra 32 opérations pour retirer les éclats de la grenade qui l’avait touchée. Après son rétablissement, il est embauché par Life.

WAR CONFLICT BOOKERA: WORLD WAR II/WAR IN THE EAST/ISLAND CAMPAIGNS - W.E. Smith
Guerre_william_eugene_smith

Une de ses photographies emblématiques présente un soldat américain tenant entre ses mains un bébé, qu’il vient de trouver, nu, couvert de plaies et de vers, mais encore vivant. Vous remarquerez la diagonale parfaite du corps de la petite victime de la guerre qui sépare parfaitement les deux camps. Dans la partie supérieure, on trouvera le soldat protecteur qui tient un semblant de vie entre les mains. Sous cette diagonale, on pourra voir un autre soldat en arme et prêt à faire feu qui regarde d’un œil suspicieux cet enfant trouvé. Cette photographie sera publiée par Life et contribuera à mettre en avant les conditions difficiles des Marines, leur fatigue, leurs terreurs et préfigurera des traumatismes que les soldats survivants rapporteront du champ de bataille.

soldat_bebe_william_eugene_smith

En 1946, il prend cette photographie, comme un exutoire après les horreurs de la guerre, de ses deux enfants se promenant dans un sous-bois. C’est pour lui une vision réconfortante qui lui permet de revenir vers la photo qu’il pensait impossible après la guerre.

smith_children_walking

Travail documentaire sur Pittsburg

À la fin des années 40, il va présider l’association Photo-league qui défend l’engagement social du photographe. Il finira par se lasser de Life et rejoindra la célèbre agence Magnum. En 1956, il photographie à son compte la ville industrielle de Pittsburgh. C’est cependant une grande déception pour William Eugène Smith, car son reportage ne sera pas publié en totalité.

Une des photographies emblématiques de ce reportage présente cet ouvrier dissimulé par son armure de travail composée de son casque et de ces lunettes de protection. La vie difficile des ouvriers tiendra une grande place parmi les 17 000 photographies qu’il réalisera en un an à Pittsburgh.

smith-pittsburgh_ouvrier

Après son reportage sur un asile psychiatrique à Haïti en 1958, il quitte l’agence Magnum. Son rêve de publier un livre de rétrospective de ses différents reportages ne voit malheureusement pas le jour. Pourtant son travail est de plus en plus reconnu. En 1965, le musée d’Art moderne de New York (le MoMA) inclut le travail de Smith dans l’exposition Photo Essay.

Témoin des dérives industrielles au Japon

En 1971, une grande rétrospective présentera son travail dans le musée juif de New York. Il finira par aller s’installer au japon dans baie de Minamata pour témoigner en image des conséquences de la pollution au mercure sur les pêcheurs. Il présentera alors des photographies tout à la fois dignes, violentes et atroces grâce à un esthétisme des formes et de la lumière.

W_E_smith_japan

Cette photographie présentant une mère baignant son enfant déformé à cause de l’empoisonnement au mercure a été tout un symbole.

SMITH-William-Eugene-Tomoko-Uemura-in-her-bath

William Eugène Smith retournera les états unis pour y finir sa vie. Mais avant de disparaitre, il fera don de son fonds d’archives au Center for Creative Photography de Tucson en Arizona où il enseigne.

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