L’art et la couleur

L’art et la couleur

L’art et la couleur

(et le noir et blanc)




Évidences

Nous parlerons ici biensûr plutôt des œuvres d’art visuelles.


L’homme par nature voit son univers en couleur et cela semble-t-il, au moins depuis le début de son existence d’HOMO, il y a plusieurs milliers d’années, voir centaines de milliers d’années. Il existe cependant plusieurs maladies et anomalies pouvant provoquer la perte de la vision en couleur (achromatopsie), sans parler des problèmes affectant la « bonne » perception des couleurs.


En découvrant l’art primitif des hommes du temps de Cro-Magnon, les archéologues ont découvert que les artistes à cette époque utilisaient déjà la couleur (de l’ocre principalement) pour peindre et représenter leur environnement sur les paroies des grottes qui les abritaient. Ils utilisaient également le charbon pour dessiner en noir et pour réaliser des ombrages sur les animaux.




Pourquoi le noir et blanc alors qu’on voit « tous » en couleurs ?

En réalité, il y a certains moments où l’on voit en noir et blanc (ou presque). C’est en effet, la nuit. Malgré une légère teinte bleutée (mais notre cerveau l’interprète pour l’éliminer), la nuit présente les paysages en noir et blanc, ou plutôt, en niveaux d’intensité lumineuse différents. Nous percevons alors le monde en noir et gris.


Au début de la photographie, les techniques ne permettaient pas de réaliser des reproductions du réel en couleur. Seule l’intensité lumineuse pouvait être captée par les surfaces sensibles. (De nos jours les capteurs numériques ne font guère mieux qu’un grain argentique. Eux aussi ne « voient » qu’une intensité lumineuse. Il est nécessaire, devant un photo-site, d’y appliquer un filtre pour sélectionner la longueur d’onde (couleur) qui va réussir à atteindre le photo-site. Ainsi, en prenant exemple sur la matrice de Bayer composée de 4 photo-sites (1 recevant le bleu, 1 recevant le rouge et 2 recevant le vert), le pixel est alors une addition de ces 4 sources lumineuses distinctes.)


Malgré l’invention de la photographie couleur dès le début des années 1900 par Louis Lumière et son autochrome, aujourd’hui encore, nous croisons tous les jours des photographies en noir et blanc. Si cela existe toujours, alors que l’alternative couleur permet aujourd’hui une restitution de qualité des couleurs, c’est que l’absence de couleur peut apporter quelque chose à l’image. D’ailleurs ceci n’est pas réservé qu’à la photographie, car bien avant, les dessins et les peintures ont aussi été traités en couleurs ET en noir et blanc.


Le noir et blanc (ou plutôt, le noir, le blanc et ses nuances de gris), est une représentation des couleurs sous leur aspect de luminosité et non plus sur leur notion de “couleur”. L’attention du lecteur est donc ainsi uniquement focalisée par les intensités lumineuses d’une scène sans être « perturbée » par les nuances colorées de celle-ci. Cette technique est donc utilisée lorsque la couleur n’apporte aucune information supplémentaire à ce que souhaite montrer l’artiste, voire même quand la couleur pourrait brouiller la lecture de l’œuvre. A contrario, l’utilisation de la couleur va apporter une dimension supplémentaire qui permet également de donner une expérience augmentée au lecteur.


En noir et blanc, les auteurs jouent souvent sur les contrastes (souvent forts) entre les tons sombres et les tons clairs. En couleur, c’est plutôt la complémentarité des couleurs qui va permettre de renforcer ces effets de contraste. Le noir et blanc va privilégier le graphisme ou le sens profond d’une scène alors que la couleur, va apporter du sentiment par des effets « froids » ou « chauds » à un cliché lui donnant ainsi parfois un sens différent de ce que la scène brute nous montre.


Certaines catégories de photographies se sont appropriées un segment majoritairement (coloré ou non coloré). Par exemple, nous trouvons beaucoup de noir et blanc, en photographie de rue (souvent pour privilégier l’action d’une scène, et donner un coté « à l’ancienne »), les photographies de nus, l’architecture, etc.). Dans le monde de la mode, c’est souvent l’inverse, la couleur est fortement mise en avant, etc.






Comme nous venons de le voir, le noir et blanc, et la couleur sont deux interprétations possibles d’une réalité. C’est un choix artistique à part entière dont seul l’auteur doit être responsable pour guider le lecteur vers ses intentions de création. Généralement, l’auteur sait par avance qu’il va privilégier la couleur ou le noir et blanc. C’est donc en nous imposant sa vision du monde qu’il nous permet de nous immerger dans ses créations. Cela nous ouvre ensuite notre propre analyse et nos propres interprétations.



Astuce



Lors de votre prochaine lecture d’une photographie d’art, faites donc l’exercice de vous demander pourquoi l’auteur a-t-il choisi ou non de supprimer la couleur sur sa photographie.

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